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Apport d’une entreprise individuelle à une société à l’IS : ce que change la loi de finances 2026

Schéma illustrant l'apport d'une entreprise individuelle à une société à l'IS selon la loi de finances 2026 : neutralité fiscale, restructuration d'entreprise, transmission et préparation de la croissance.

Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau dispositif fiscal facilite la restructuration des entreprises individuelles.


La loi de finances pour 2026 a créé un mécanisme permettant, sous conditions, à un entrepreneur individuel ou à une EIRL ayant opté pour l’impôt sur les sociétés d’apporter son activité à une société soumise à l’IS sans déclencher immédiatement l’imposition des plus-values.


Derrière ce sujet technique, l’enjeu est très concret : permettre à certains entrepreneurs de faire évoluer leur structure juridique et patrimoniale sans être immédiatement pénalisés fiscalement.


Pourquoi ce nouveau dispositif est important ?

De nombreux entrepreneurs démarrent leur activité en entreprise individuelle, puis souhaitent ensuite passer à une structure plus adaptée à leur développement :

  • création d’une société commerciale ;

  • association avec un ou plusieurs partenaires ;

  • préparation d’une transmission ;

  • structuration d’une holding ;

  • séparation plus claire entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel ;

  • anticipation d’une cession future.


Le problème est que ce type de changement peut générer des conséquences fiscales importantes.


Lorsqu’un entrepreneur apporte son activité à une société, l’administration fiscale peut considérer que certains actifs ont pris de la valeur. Cette valeur latente peut alors entraîner une imposition des plus-values, même si l’entrepreneur n’a pas réellement encaissé de liquidités.


Autrement dit, il peut y avoir de l’impôt à payer alors même qu’aucune vente n’a eu lieu.


Le nouveau dispositif vise précisément à éviter ce frottement fiscal immédiat, lorsque les conditions sont réunies.


Qui est concerné ?

Le dispositif concerne principalement :

  • les entrepreneurs individuels ;

  • les EIRL ;

    les structures ayant optés pour leur assimilation à une EURL ou à une EARL ; et soumis, de ce fait, à l’impôt sur les sociétés.


Ces entrepreneurs peuvent apporter :

  • soit l’ensemble de leur patrimoine professionnel ;

  • soit une branche complète d’activité.


L’apport doit être réalisé au profit d’une société soumise à l’impôt sur les sociétés.


Que signifie “branche complète d’activité” ?

La notion de branche complète d’activité est essentielle.

Il ne s’agit pas simplement d’apporter quelques actifs isolés. Une branche complète correspond à un ensemble cohérent d’éléments d’actif et de passif permettant l’exploitation autonome d’une activité.


Exemple simple : un entrepreneur exerce deux activités distinctes, chacune avec ses propres clients, moyens, contrats, stocks ou équipements. Il pourrait, sous conditions, apporter l’une de ces activités à une société si elle constitue une véritable unité économique autonome.


Cette notion doit être analysée avec prudence, car elle conditionne l’application du régime fiscal.


Quel est l’avantage fiscal ?

Le principal avantage est l’absence d’imposition immédiate des profits, plus-values et provisions devenues sans objet à l’occasion de l’apport.


En pratique, cela signifie que l’entrepreneur peut réorganiser son activité sans être immédiatement imposé sur les plus-values latentes constatées lors de l’opération.


Ce n’est pas nécessairement une exonération définitive dans tous les cas. Il s’agit plutôt d’un régime de neutralité fiscale, avec report, transfert ou différé d’imposition selon la nature des actifs concernés.


La logique est simple : tant que l’activité continue dans une société soumise à l’IS, l’impôt n’est pas immédiatement déclenché du seul fait de la restructuration.


Il faut distinguer deux périodes fiscales

Pour bien comprendre le mécanisme, il faut distinguer deux catégories de plus-values.


1. Les plus-values liées au passage initial à l’IS

Lorsqu’un entrepreneur individuel opte pour l’impôt sur les sociétés, ce changement peut fiscalement être assimilé à un apport d’entreprise.

Des plus-values peuvent alors être constatées, notamment sur les immobilisations professionnelles.


Pour les immobilisations non amortissables, comme un fonds de commerce ou certains titres, l’imposition peut être placée en report. Elle sera alors susceptible d’être imposée plus tard, par exemple en cas de cession, rachat, échange, nouvel apport ou annulation des titres.


Pour les immobilisations amortissables, l’imposition peut être étalée dans le temps, selon des règles spécifiques.

Le nouveau dispositif organise la continuité de ce traitement lorsque l’activité est ensuite apportée à une société soumise à l’IS.


2. Les plus-values réalisées pendant la période à l’IS

La seconde catégorie concerne les plus-values et profits constatés pendant la période où l’entreprise individuelle est déjà soumise à l’IS.


C’est ici que le nouvel article 210 E bis du CGI intervient directement.


Lorsqu’un entrepreneur apporte l’ensemble de son patrimoine professionnel ou une branche complète d’activité à une société soumise à l’IS, le dispositif permet une neutralité fiscale immédiate sur les éléments apportés, sous réserve du respect des conditions prévues.


Les provisions peuvent également bénéficier d’un traitement favorable si elles sont reprises au passif de la société bénéficiaire et conservent leur objet.


Exemple simplifié

Prenons un entrepreneur individuel ayant développé une activité rentable pendant plusieurs années.


Son activité comprend :

  • une clientèle ;

  • du matériel professionnel ;

  • des contrats en cours ;

  • des stocks ;

  • éventuellement une marque ou un fonds de commerce.


Il souhaite désormais créer une société pour mieux structurer son développement, accueillir un associé ou préparer une future cession.


Sans régime de neutralité, l’apport de son activité pourrait déclencher une fiscalité immédiate sur les plus-values latentes.


Avec le nouveau dispositif, l’entrepreneur peut, sous conditions, apporter son activité à une société à l’IS sans imposition immédiate de ces plus-values.


Cela permet de structurer l’entreprise d’abord, puis de traiter les sujets patrimoniaux, capitalistiques ou de transmission dans un cadre plus adapté.


Pourquoi ce dispositif peut intéresser les dirigeants et entrepreneurs ?

Ce mécanisme peut être utile dans plusieurs situations.


Structurer une activité qui a grandi :

Une entreprise individuelle peut être adaptée au démarrage, mais devenir limitée lorsque l’activité se développe.


Passer par une société permet souvent de mieux organiser la gouvernance, la rémunération, la protection du dirigeant et la transmission future.


Préparer une association :

Lorsqu’un entrepreneur souhaite faire entrer un associé, une structure sociétaire est généralement plus lisible et plus souple qu’une entreprise individuelle.


Le nouveau dispositif peut faciliter cette transition.


Préparer une cession :

Avant une vente d’entreprise, la structure juridique et fiscale doit souvent être clarifiée.

Une restructuration réalisée trop tard peut être complexe, coûteuse ou difficile à sécuriser.


Anticiper permet d’avoir plus d’options au moment de la cession.


Organiser une stratégie patrimoniale

Pour certains entrepreneurs, cette évolution peut s’intégrer dans une réflexion plus globale :

  • holding ;

  • transmission familiale ;

  • protection du patrimoine personnel ;

  • gestion de la trésorerie professionnelle ;

  • remploi du produit de cession ;

  • allocation patrimoniale post-cession.


Le sujet n’est donc pas uniquement fiscal. Il est aussi stratégique et patrimonial.


Les points de vigilance

Ce dispositif est intéressant, mais il ne doit pas être utilisé mécaniquement.


Plusieurs points doivent être étudiés avant toute opération :

  • l’éligibilité réelle de l’entrepreneur ;

  • la qualification de branche complète d’activité ;

  • la valorisation des actifs apportés ;

  • le traitement des plus-values en report ;

  • la reprise des provisions ;

  • les obligations de la société bénéficiaire ;

  • les conséquences juridiques, comptables et sociales ;

  • le risque de remise en cause en cas de montage artificiel.


Une opération fiscalement neutre n’est pas forcément une opération pertinente sur le plan patrimonial.


Elle doit être analysée dans une vision d’ensemble : objectifs du dirigeant, horizon de détention, besoin de liquidité, transmission, protection familiale, stratégie de rémunération et projet de cession éventuel.


Ce qu’il faut retenir

La loi de finances pour 2026 introduit un dispositif important pour les entrepreneurs individuels ayant opté pour l’IS.


Il permet, sous conditions, d’apporter une entreprise individuelle ou une branche complète d’activité à une société soumise à l’IS sans imposition immédiate des plus-values et profits liés à l’opération.


Ce dispositif peut faciliter certaines restructurations, notamment dans des contextes de développement, d’association, de transmission ou de préparation à la cession.


Mais il nécessite une analyse précise. La neutralité fiscale immédiate ne doit pas faire oublier les conséquences futures, les obligations de suivi et les validations juridiques, fiscales et comptables nécessaires.


Chez WhiteBlock, nous accompagnons les entrepreneurs et dirigeants dans leurs réflexions patrimoniales globales : structuration, transmission, préparation de cession, remploi de liquidités et coordination avec les conseils habituels du client.


Avant toute opération, il est essentiel de partir d’une question simple : la restructuration sert-elle réellement votre stratégie patrimoniale à long terme ?




FAQ — L'essentiel à retenir


Un entrepreneur individuel peut-il apporter son activité à une société sans payer immédiatement d’impôt ?

Oui, depuis 2026, sous conditions, un régime de neutralité fiscale peut s’appliquer lorsque l’entrepreneur individuel ou l’EIRL à l’IS apporte son patrimoine professionnel ou une branche complète d’activité à une société soumise à l’IS.

Le dispositif concerne-t-il toutes les entreprises individuelles ?

Non. Il vise notamment les entrepreneurs individuels ou EIRL ayant opté pour leur assimilation à une EURL ou EARL soumise à l’impôt sur les sociétés.

La neutralité fiscale signifie-t-elle absence définitive d’impôt ?

Pas nécessairement. Dans de nombreux cas, l’imposition est reportée, différée ou transférée selon la nature des actifs concernés. Une analyse fiscale précise reste indispensable.

Pourquoi ce dispositif est-il utile avant une cession d’entreprise ?

Il peut permettre de structurer l’activité dans une société plus adaptée avant une association, une transmission ou une vente, sans déclencher immédiatement la fiscalité sur les plus-values latentes.


 
 
 

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